L’essentiel à retenir : les pictogrammes de sécurité forment un langage visuel normalisé. Pour la signalisation des lieux de travail, ils relèvent principalement de la norme ISO 7010 et se lisent par couleur et forme : rouge pour l’interdiction et l’incendie, jaune pour l’avertissement, bleu pour l’obligation, vert pour le sauvetage et l’évacuation. À ne pas confondre avec les 9 pictogrammes de danger chimique (CLP), en losange rouge, qui figurent sur l’étiquetage des produits dangereux. Chaque symbole a un sens précis, mais son choix ne suffit pas, à lui seul, à assurer la conformité d’un site : il s’articule avec l’évaluation des risques et les règles propres au lieu.
Un point d’exclamation, une flamme, un rond barré : les pictogrammes de sécurité sont partout, mais leur sens exact échappe souvent. Or un pictogramme mal interprété, ou mal choisi, perd toute son utilité.
Comprendre les pictogrammes de sécurité suppose de distinguer deux systèmes complémentaires : celui de la signalisation sur les lieux de travail et celui de l’étiquetage des produits chimiques. Chacun a ses codes et ses règles.
Ce guide décode les deux : les catégories ISO 7010 avec leurs couleurs, puis les neuf pictogrammes de danger chimique, pour savoir ce que chaque symbole veut dire.
Besoin d’identifier les pictogrammes utiles à votre site ? Parlons de votre projet : nous vous aidons à choisir les bons panneaux.
Que sont les pictogrammes de sécurité ?
Avant de les détailler, posons la logique d’ensemble. Un pictogramme de sécurité est un signe normalisé, dont la forme et la couleur sont fixées par une norme précise. C’est cette rigueur que nous appliquons à notre signalétique de sécurité.
Un langage visuel normalisé
Un pictogramme de sécurité transmet une consigne d’un coup d’œil, sans mot ni traduction. Sa force tient à sa normalisation : forme, couleur et symbole obéissent à des règles précises, pour que le message soit compris de la même façon par tous.
Cette universalité est essentielle dans un environnement de travail (signalétique au sein d’une entreprise) ou un lieu public (signalétique d’un commerce par exemple), où l’on croise des personnes de langues et de métiers différents. Un pictogramme normalisé parle à chacun, immédiatement.
Deux systèmes à ne pas confondre
Il existe deux grandes familles de pictogrammes de sécurité. Les panneaux ISO 7010 signalent, sur les lieux de travail et dans les lieux publics, une interdiction, une obligation, un danger ou une direction de secours. Les pictogrammes CLP, eux, figurent sur les emballages de produits chimiques pour avertir de leurs dangers.
Confondre les deux conduit à des erreurs : un pictogramme CLP n’a pas sa place sur une porte, et un panneau ISO 7010 ne remplace pas l’étiquetage d’un bidon. Les deux systèmes se complètent mais ne se substituent pas l’un à l’autre. Selon le secteur d’activité, des réglementations particulières peuvent en outre compléter ces deux systèmes.
Les pictogrammes ISO 7010 par catégorie
Pour la signalisation des lieux de travail, la norme ISO 7010 couvre plusieurs familles de signaux, dont la lecture devient simple une fois le code couleur connu. Chaque couleur annonce une famille de message, chaque forme la précise ; certains secteurs peuvent relever de règles spécifiques complémentaires.
Interdiction, obligation, avertissement
Les pictogrammes d’interdiction sont ronds, à pictogramme noir sur fond blanc, cerclés de rouge avec une barre diagonale : interdiction de fumer, passage interdit. Les pictogrammes d’obligation sont ronds et bleus, à symbole blanc : port du casque, des gants ou des lunettes. Les pictogrammes d’avertissement sont des triangles jaunes bordés de noir : risque électrique, sol glissant, matière inflammable.
Ces trois familles règlent la majorité des consignes quotidiennes. Leur forme suffit à comprendre la nature du message, avant même d’en lire le détail.
Secours, évacuation et incendie
Les pictogrammes de sauvetage et secours sont verts, carrés ou rectangulaires, à symbole blanc : issue de secours, point de rassemblement, défibrillateur, premiers soins. Ceux du matériel de lutte contre l’incendie sont rouges, carrés ou rectangulaires : extincteur, alarme, robinet d’incendie.
Ces pictogrammes guident en situation d’urgence, quand il faut agir vite et sans hésitation. Le tableau ci-dessous récapitule le code par catégorie.
| Catégorie | Couleur | Forme | Exemples |
|---|---|---|---|
| Interdiction | Rouge | Rond barré | Interdiction de fumer |
| Obligation | Bleu | Rond | Port du casque, des gants |
| Avertissement | Jaune | Triangle | Risque électrique, sol glissant |
| Sauvetage, secours | Vert | Carré / rectangle | Issue de secours, défibrillateur |
| Matériel incendie | Rouge | Carré / rectangle | Extincteur, alarme |
Les 9 pictogrammes de danger chimique (CLP)
Les produits chimiques obéissent à un système distinct, issu du règlement européen CLP. Il concerne l’étiquetage, pas la signalisation des locaux.
Un losange rouge pour les produits
Les pictogrammes CLP se présentent comme un losange à bordure rouge, avec un symbole noir sur fond blanc. Ils figurent sur les emballages des substances et mélanges dangereux, pour informer de leurs risques et des précautions à prendre.
Ils ont remplacé les anciens carrés oranges. Leur présence sur un contenant impose des mesures de stockage, de manipulation et de protection adaptées, souvent relayées par une signalétique de zone.
Les neuf symboles et leur sens
Le système CLP compte neuf pictogrammes de danger, chacun couvrant une famille de risques. Les voici :
- Explosif : risque d’explosion sous l’effet d’un choc, d’une friction ou du feu.
- Inflammable : s’enflamme facilement au contact d’une flamme, d’une étincelle ou de chaleur.
- Comburant : peut provoquer ou aggraver un incendie en apportant de l’oxygène.
- Gaz sous pression : contenu sous pression, risque d’explosion à la chaleur ou de brûlure par le froid.
- Corrosif : attaque la peau, les yeux ou les métaux.
- Toxique : symbole de la tête de mort, peut entraîner des effets graves, voire la mort, à faible dose.
- Nocif ou irritant : point d’exclamation, provoque irritations, allergies ou intoxications à plus forte dose.
- Danger pour la santé : effets graves à long terme (cancérogène, mutagène, sur la reproduction ou les organes).
- Danger pour l’environnement : toxique pour les milieux aquatiques.
Bien utiliser les pictogrammes
Connaître le sens des pictogrammes est un premier pas ; encore faut-il choisir les bons et les placer correctement.
Choisir le bon pictogramme
Le pictogramme se choisit d’après le risque réel identifié sur le site, et selon le bon système : ISO 7010 pour signaler un local ou une consigne, CLP pour un produit. Un pictogramme adapté et à jour limite les malentendus. Son choix ne suffit toutefois pas, à lui seul, à rendre un site conforme : il s’inscrit dans l’évaluation des risques et les mesures de prévention de l’établissement.
Ce choix découle de l’évaluation des risques et des obligations légales de l’établissement. Le détail du cadre réglementaire et des obligations fait l’objet de notre guide sur la signalétique de sécurité obligatoire en entreprise, complémentaire de cette lecture.
Où placer les pictogrammes
En bonne pratique, un pictogramme n’est utile que visible à temps : bien placé par rapport au risque ou au dispositif signalé, lisible et éclairé. L’emplacement exact dépend du risque, du support, du public visé et du contexte d’exploitation, sans règle uniforme valable partout. Sur les cheminements d’évacuation, des supports photoluminescents peuvent compléter le balisage lorsque les conditions le justifient.
La cohérence prime : mêmes normes, mêmes emplacements logiques d’un local à l’autre. Une signalétique surchargée dilue l’attention, alors qu’un affichage clair et hiérarchisé se lit sans effort.
Les pictogrammes de sécurité forment donc deux systèmes complémentaires : les panneaux ISO 7010, lus par couleur et forme, pour la signalisation des lieux, et les neuf pictogrammes CLP, en losange rouge, pour les dangers chimiques. Savoir les distinguer et les interpréter, c’est déjà mieux protéger les personnes. Reste à sélectionner les pictogrammes adaptés à votre site et à les poser au bon endroit, à partir de vos risques réels.
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FAQ
Que signifient les couleurs des pictogrammes de sécurité ?
Sur les panneaux ISO 7010, le rouge signale une interdiction ou le matériel d’incendie, le jaune un avertissement, le bleu une obligation, et le vert l’évacuation et les secours. La forme précise le message : rond pour l’interdiction et l’obligation, triangle pour l’avertissement, carré pour les secours et l’incendie.
Combien y a-t-il de pictogrammes de danger chimique ?
Le règlement européen CLP définit neuf pictogrammes de danger, présentés en losange à bordure rouge : explosif, inflammable, comburant, gaz sous pression, corrosif, toxique, nocif ou irritant, danger pour la santé et danger pour l’environnement. Ils figurent sur les emballages des produits dangereux.
Quelle différence entre les pictogrammes ISO 7010 et CLP ?
Les pictogrammes ISO 7010 signalent une consigne sur un lieu de travail ou un lieu public (interdiction, obligation, danger, secours). Les pictogrammes CLP figurent sur les emballages de produits chimiques pour avertir de leurs dangers. Les premiers concernent la signalétique des locaux, les seconds l’étiquetage des produits.
Que veut dire le pictogramme avec un point d’exclamation ?
Dans le système CLP, le point d’exclamation signale un produit nocif ou irritant : il peut provoquer des irritations de la peau ou des yeux, des allergies, une somnolence ou une intoxication à forte dose. Il invite à manipuler le produit avec précaution et à respecter les consignes de l’étiquette.
Où doit-on placer les pictogrammes de sécurité ?
De préférence bien visibles et lisibles, à proximité du risque ou du dispositif qu’ils signalent. L’emplacement précis dépend toutefois du contexte, du support et du public, sans règle uniforme. Sur les cheminements d’évacuation, des supports photoluminescents peuvent compléter le balisage lorsque les conditions le justifient, et la cohérence des emplacements d’un local à l’autre renforce l’efficacité.

