Collecting Cars nous a confié l’habillage intérieur de ses bureaux. Six phrases, du vestiaire à la salle de réunion, posées via un lettrage adhésif mural habillant leurs bureaux.
La préparation du fichier
Un lettrage mural part d’un fichier vectoriel, où chaque lettre devient un contour de découpe. Un fichier de création demande une reprise avant de partir en production : vectoriser les polices, fermer les tracés, supprimer les doublons de contour qui feraient passer la lame deux fois au même endroit.
La typographie retenue est une capitale grasse et serrée. Elle multiplie les contrepoinçons, ces vides fermés au centre du A ou du R. Une fois le reste retiré, ces îlots n’ont plus aucune attache, et ils doivent arriver au mur dans leur position exacte.
L’impression et la découpe
Nous avons imprimé l’adhésif à la teinte plutôt que de le prendre dans un film de couleur en stock. Le noir qui sort de la machine est celui de la charte, et il est identique sur les six emplacements.
Vient ensuite la semi-découpe. La lame traverse le vinyle et s’arrête sur son dorsal, qui reste intact. On échenille le surplus, c’est-à-dire qu’on retire à la main tout ce qui n’est pas lettre. On applique un transfert sur ce qui reste, et la phrase devient transportable d’un seul tenant.
La phrase se colle d’un bloc, avec l’espacement exact du fichier. Sur 1 600 mm de large, c’est ce qui tient l’interlettrage. Poser mot par mot reviendrait à le laisser dériver sur la longueur.
Le repérage se fait au niveau et au cordeau, en tenant compte de ce qui occupe déjà le mur : une rangée de casiers, une huisserie, un boîtier technique. La ligne se cale sur la hauteur de regard avant de se caler sur le milieu du mur.
Contraintes techniques
Le devis posait une condition : un mur lisse et sans défaut de surface. Elle n’a rien d’une formalité. Un adhésif mat ne masque rien de ce qu’il recouvre. Une reprise d’enduit, un grain de peinture trop marqué, une bande de jointoiement mal poncée se lisent à travers le film en lumière rasante, et le défaut ressort d’autant plus qu’il est pris dans une lettre.
Le support se valide donc avant le lancement de la découpe. Une fois le vinyle imprimé aux dimensions, la seule marge de manœuvre restante est le déplacement de la ligne sur le mur.
Le + du projet
Deux murs demandaient plus qu’un alignement. Celui des valeurs superpose deux niveaux de lecture : les intertitres en petit corps clair, les lignes de valeurs en noir plein et en plus grand. L’écart tient à quelques millimètres de corps, et il se perd si le calage vertical dérive.
Une autre phrase court en haut d’un mur qui se termine en angle, sous un faux plafond. Elle devait rester lisible depuis l’autre bout de la pièce sans venir buter sur la retombée. Ce calage se décide devant le mur.
Résultat
Six phrases dans cinq pièces, posées sur site en une journée. Le repérage portait sur un point précis : un mur lisse, sans reprise d’enduit ni grain de peinture apparent. Un adhésif mat ne masque rien de ce qu’il recouvre.









